|
Le mot du Président
Sécurité ?
Je suis venu accueillir à la gare Saint Charles un ami de l'Ouest de la France, en visite à Marseille; il m'a dit sur le quai de la gare, avec un petit sourire : "alors, c'est le Bronx ici ?..."
Je l'ai bien sûr rassuré, en vérifiant simplement qu'il ne portait pas de chaîne en or sur lui. Le parcours en voiture jusqu'à mon domicile s'est bien passé : nous n'avons pas souffert d'un car jacking.
Je lui ai aussi raconté que notre CIQ a participé, le samedi 12 juin, à un défilé en ville, depuis les Réformés jusqu'à la Préfecture, organisé par la Confédération des CIQ de Marseille et des Communes environnantes, pour attirer l'attention de tous les élus sur les problèmes de Sécurité. Comme tout le monde j'ai crié : "la Police avec nous !..."
Je lui ai dit que la Fédération des CIQ organise depuis cette année des réunions mensuelles avec les responsables de la Police nationale et de la Police municipale, chaque CIQ du IXème dialoguant avec eux pour les problèmes rencontrés dans chaque secteur.
Mais je lui ai dit aussi que notre CIQ n'avait pas attendu cette initiative de la Fédération : dès 2002, nous avions mis en place des réunions dites "Sécurité" avec non seulement la participation des responsables de la Police, mais aussi celle de responsables locaux d'associations de quartier, de résidences, de lotissements, d'élus et aussi d'éducateurs et animateurs de jeunes du quartier. Convaincus que nous étions qu'en matière de sécurité, selon notre slogan répété depuis 2002, "il n'y a pas que la police !" : slogan d'ailleurs approuvé et partagé par les représentants de la Police eux-mêmes, et dont une des significations était qu'il y avait entre autres à se préoccuper et à s'occuper des jeunes de notre quartier. Ce qu'essayaient de faire en particulier les éducateurs et animateurs avec les méthodes et les moyens qui étaient les leurs.
Cest alors que s'est imposé à nous - plus particulièrement notre Secrétaire général et moi-même - l'idée de nous servir de la formation musicale classique pour lutter "avec les 7 notes de la gamme" (et pas avec le rap ! les jeunes n'ont pas besoin de nous pour cela !) contre ce qui peut mener, parfois de façon inéluctable aux dérives juvéniles, voire à la délinquance, que connaissent certains ensembles et quartier : projet que nous a inspiré l'expérience remarquable " El sistema" du Venezuela que nous avons présentée dans notre bulletin de décembre 2010, et qui a d'ailleurs inspiré d'autres actions du même type.
L'affaire est maintenant lancée et elle a démarré avec les premières subventions accordées pour 2011-2012 par la Politique de la Ville et le Conseil génétal : une dizaine d'enfants de nos quartiers sont actuellement réunis et encadrés pour 30 séances d'initiation et de formation jusqu'en juin 2012. Et nous travaillons pour que d'autres jeunes, voire "sauvageons", issus de milieux n'ayant pas accès à la pratique artistique pour des raisons économiques, sociales et culturelles, viennent progressivement grossir cet effectif (voir notre article dans notre dernier bulletin).
Assurément, les problèmes que connaît notre ville, comme d'autres, en matière de sécurité, relèvent beaucoup des difficultés économiques : qui peut le nier. Dans ce domaine, le CIQ n'a ni la compétence ni guère de pouvoir. Mais nous avons le pouvoir de travailler, comme d'autres, à ce qui peut contribuer à "éduquer", dans le meilleur sens du mot, à procurer le goût et aussi le joie de la discipline musicale collective, le décloisonnement de certaines pratiques sociales contribuant, par là même à la ... sécurité !
Tel est notre credo, qui n'est pas seulement une affaire "de coeur", mais aussi de raison et de discernement ; nous avons eu le plaisir de constater que plusieurs responsables l'ont partagé : qu'ils en soient remerciés, pas seulement pour nous, mais d'abord pour tous les jeunes, leurs familles, et l'espoir qu'un tel projet peut porter dans nos quartiers.
Guy BRAULT
|